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Argentine et Paraguay(cliquez sur la carte pour une vision plus précise du parcours) Le 30 septembre au matin nous sommes aux portes de l´Argentine. On ne connait pas, et a vrai dire on a jamais vraiment fantasme sur ce pays. J´en ai quand meme quelques images, comme tout le monde; des images en "A": Evita (Perone), la Pampa, Astor Piazzola et Maradona (bien sur...).
Aux douanes, contrairement a la Bolivie, il faut faire la queue. Devant nous une jeune Bolivienne se fait renvoyer sans menagement par un douanier, cow boy blanc comme un cachet d´aspirine qui a a peine regardé les documents sensés etre non conformes, et qui refuse avec une morgue insupportable d´ecouter ses explications. Pour nous evidemment c´est bien plus simple. Il est midi et on fonce sur l´Altiplano. Les paysages changent peu de la Bolivie mais tout de meme une difference de taille: la route n´est pas une tole ondulee poussiereuse mais de l´asphalte bordee de clotures a perte de vue. En fin d´apres midi on arrive a Abra Pampa, 75 km plus au sud. C´est un gros bourg sans interet ou l´on trouve a manger in extremis le soir. Le lendemain on grimpe tranquillement jusqu´a Tres Cruces situe a 3780 metres. A partir de la on va descendre de cette Cordillere Andine ou nous evoluons depuis 2 mois. Quatre jours pour rejoindre Salta situe a 1200 metres. Sur pres de 200 km la route serpente dans la Quebrada de Huamaca, classee au Patrimoine Mondial par l´UNESCO en 2003. S´offre a nous un paysage mineral composee de montagnes colorees, du rouge au gris, en passant parfois par le vert. Les cactus, parfois gigantesques, et les epineux sont la seule vegetation. ![]() Le 1er octobre nous nous arretons a Huamaca, petit village qui donne son nom a la Quebrada. Pour la premiere fois depuis la Croatie on a la possibilite de s´arreter dans un camping, une specificite des pays "developpes". Les trois principaux villages de la Quebrada sont tres touristiques. Hormis sa beaute, la region, de culture andine, est tres exotique pour le reste des Argentins. Nous pedalons ensuite jusqu´a Pumamarca en faisant une pause a Tilcara, village situe au niveau du Tropique du Capricorne. A Pumamarca nous partageons le camping avec un groupe scolaire argentin. Ils sont legion en ce moment, ca doit etre la periode. Un ado demande a Chloe son pays d´origine. Quand il apprend que nous sommes Francais il s´esclaffe "Pumas! Pumas!". Chloe reste interloquee; ca ne lui evoque pas grand chose..."Pourquoi cet adolescent boutonneux me hurle le nom de cet animal?...". Et oui on se fait chambrer pour nos performances rugbystiques et c´est de bonne guerre. Le lendemain on continue la descente jusque San Salvador de Jujuy, situe a 1200 metres d´altitude. A 10H30 du matin on a deja parcouru 75 km. On en parcourt 145 ce jour la jusqu´a La Caldera, encore un jolie village, dote d un camping. 20 km apres San Salvador la route se transforme en mince ruban qui serpente le long des collines, longe des lacs, tout ca au milieu de la nature et avec un trafic presque nul. Une route concue pour les cyclistes, un vrai bonheur! Avec une hematocrite dopee par notre sejour a 4000 metres on avale les bosses! Le lendemain on retrouve notre ami Philippe a Salta, la capitale de cette region Nord Ouest. On en profite pour reparer les velos et mettre a jour le site internet. L´ambiance des villes est assez sympa. Avec les vieilles bagnoles on se croirait un peu dans le sud de la France, en Italie ou encore en Espagne, dans les annees 70. Le 5 octobre on prend un bus pour faire un grand bon vers l´Est et eviter une pampa qui nous apparait bien monotone. Le lendemain matin on arrive a Clorinda, ville frontiere avec le Paraguay. Cinquante km et nous voila a Asuncion, juste a temps pour voir un memorable France All Black. Et il tombait a pic ce match! Le week end a Asuncion tout est ferme, pas un chat dans les rues du centre ville. Et le samedi soir? Rien non plus. Mais rien de rien (on galere meme pour trouver un resto...) Le lendemain on prend la route direction le sud, la route numero 1. On traverse tout d´abord les quartiers chics: Pizza Hut et Mac Do, boutique de fringues...tout est la. La Upper Class a deserte le centre ville pour la banlieue, centre ville ou le samedi soir vers 21H00 on voit des petites filles ramasser des cartons sur le trottoir... Une pluie fine nous accompagne et on met du temps a sortir de l´agglomeration urbaine A l´inverse de l´Argentine, le Paraguay ne nous evoque pas grand chose, a par Chilavert pour les connaisseurs (tandis que les Paraguayens nous parlent de Laurent Blanc!). En fin de matinee le soleil se montre enfin et nous dejeunons a Yuguaron, notre premier village Paraguayen typique avec son eglise Fransiscaine du 18eme siecle, ses rues pavees, ses espaces verts. Les deux jours suivants on parcourt pres de 200 km de Paraguari a Santa Rosa. Tout est vert avec ca et la des petites maisons blanches aux toits de tuile, des jardins avec une belle pelouse qui tranchent avec le rouge laterite des routes laterales. Les villages sont jolis et agreables avec leur belle place ombragee. Les Paraguayens, metisses d´Europeen emigres et d´Indiens Guaranis, sont chaleureux et souriants, etonnes et contents de voir des voyageurs. Tous parlent un melange d´espagnol et de guarani, avec un accent bresilien. Serait ce le guarani qui aurait donne au bresilien cette musique si particuliere? Comme en Argentine, tout le monde se balade avec son pot a mate, petit recipient rempli d´herbe a mate (infusion) dans lequel on rajoute de l´eau regulierement, froide ou chaude c´est selon. ![]() On quitte Santa Rosa le 10 ocobre sous la pluie et le vent. Il forcit de plus en plus et avancer devient une veritable lutte. Nous sommes content d´etre a quatre pour prendre les relais. On s´arrete 75 km plus loin a Coronel Bogado. Le lendemain c´est la tempete. Un Paraguayen bien sympa nous trouve un camion qui nous pousse 50 km plus loin, a Encarnacion, pres de la frontiere sud. Nous profitons de l´apres midi pour visiter la mission jesuite de Trinidad. La region des Missions, popularise par le film Mission de Roland Joffe et avec Robert De Niro, s´etend au sud du Paraguay, en Argentine et au bresil. Avec San Ignacio en Argentine, Trinidad est la mieux conservee. Quand les Jesuites arrivent en Amerique du sud au 16eme siecle, la situation des Indiens est deplorable. Depuis un siecle, les exploitants du "Nouveau Monde" prelevent massivement dans ces populations indigenes la main d´oeuvre qu´ils jugent necessaire. Sous la pression des Jesuites, un decret royal abolit en 1609 le "service personnel" (l´encomienda) que doivent rendre les Indiens aux Espagnols. On confie aux Jesuites le role d´administrateur du territoire des missions. Les Guaranis, convertis pacifiquement et reduits a la vie sedentaire, sont regroupes dans des cites (ou reducciones), comptant de 1500 a 7000 individus, regies par un systeme communautaire autonome. Les reducciones prosperent et leur nombre ne cesse de croitre. Les Portugais et metis voisins, les Paulistes, voient dans ces missions un vivier inespere d´esclaves faciles a revendre au Bresil. Les pillages detruisent un tres grand nombre de reducciones et les ravages sont enormes. Mais armés par les Jesuites, les Guaranis se revelent de redoutable guerriers et finissent par ecraser les Portugais en 1641. La periode qui s´en suit est florissante. Malheureusement les missions feront les frais d´intrigues politiques exterieures: en 1759 l´Espagne cede le territoire des Missions aux Portugais qui expulsent les Jesuites et ordonnent aux Guaranis de quitter les missions. Ces derniers se revoltent mais apres des mois de guerilla, la guerre guaranitique s´acheve dans un bain de sang. En l´espace d´une heure l´artillerie espagnole aurait massacre 1300 indiens. Reste des ruines, et celles de San Ignacio sont superbes. Il se degage un calme et une serenite incroyable. ![]() Le lendemain nous continuons vers le nord et le Bresil, par la route 12, un vrai cauchemard pour cyclistes: une alternance de montee de 500 metres bien raides, et de descentes idem. Des montagnes russes frequentees par une hordes de poids lourds sans foi ni loi, qui vous frolent voir vous foncent dessus, tout ca sous la pluie. L´horreur quoi. Le 15 au matin, a Puerto Rico, il pleut des cordes. On jette l´eponge et on prend un bus pour Puerto Iguazu. Le lendemain, miracle le soleil est de retour! Parfait pour visiter les plus belles chutes du monde, les fameuses Chutes d´Iguazu, plus hautes que les chutes de Niagara, plus large que les Victoria. C´est sublime, extraordinaire, etonnant. Les photos ne peuvent que vous donner un apercu. ![]() Le 18 on passe au Bresil. Du cote Argentin, alors que l´on vient de changer de l´argent et que l´on cherche l´emigration, Melanie vient nous avertir qu´on risque une amende pour non port du casque, un policier nous a vu...Evidemment personne n´en porte en Argentine, les automobilistes ne portent meme pas la ceinture et la police Argentine n´est pas vraiment repute pour son integrite. Mais c´est notre 28eme passage de frontiere et on a encore jamais vu ca! Melanie, Chloe et moi on s´en sort en mettant illico nos casques mais Philippe qui n´en a pas se fait menacer d´une amende exorbitante. Ils n´en demordent pas mais ils sont tombes sur quelqu´un de tetu et une heure plus tard Philippe nous rejoint de l´autre cote, victorieux: il ne leur a rien laché! |