Bicyclettes Nomades

La Bosnie

Quatre jours en Bosnie, c'est vraiment trop peu.

(cliquez sur la carte pour une vision plus précise du parcours)

Nous avons parcouru la route qui relie Dubrovnick à Visegrad et qui longe la frontière serbe, au sud-est de la Bosnie. Pourtant ça n'a pas commencé de façon très agréable:  tempête le premier jour avec des rafales de vent à s'accrocher au guidon!... Et encore la pluie pour le passage de la frontière entre Croatie et Bosnie..Étrange poste frontière, indiqué par aucun panneau croate, et où les douaniers nous font poireauter sous une pluie battante pour inspecter nos passeports. Dès les premiers kms sur ces routes montagneuses, pourtant, les contacts sont chaleureux. Les quelques voitures que l'on croise sont de vieilles « Yugo » ou des Fiat 500 qui font beaucoup de bruit et n'avancent pas très vite, les conducteurs nous font de grands signes. A notre grand étonnement, les panneaux sont en alphabet cyrillique et l'on ne comprend rien! On apprendra qu'on est dans la république serbe de bosnie, et la religion est orthodoxe. Pour la langue, pas de soucis car Croates, Serbes et Bosniaques parlent un langage quasi-identique. Les Serbes forment une communauté importante en Bosnie, ce que l'on ignorait totalement.

Le lendemain, grand soleil...Heureusement car l'étape est ambitieuse, 80 km avec 2 cols: l'un à 1100m et l'autre à 1293m...C'est une belle surprise, une étape « Tour du monde »: seuls sur une route qui grimpe, perdus au milieu de ces montagnes peu peuplées, des sommets enneigés tout autour de nous; ces paysages sont impressionnants. On voit beaucoup de maisons détruites en bord de route et l'on verra les stigmates de la guerre jusqu'à la frontière serbe, notamment en Bilecà et Focà. Le contraste avec la Croatie est saisissant.


On passera notre deuxième col dans le froid et la neige...Une grande descente nous mène dans une vallée et nous nous arrêtons à Tjentiste. Un petit sigle « tente » sur notre carte indique que cette ville doit avoir un minimum d'intérêt touristique. Finalement nous trouvons une ville fantôme... A l'entrée, un grand hôtel de l'époque communiste est totalement à l'abandon, tout comme le camping. Un hôtel un peu plus récent est lui, fermé. On ne croise que 2 ou 3 personnes et un local avec quelques policiers. Pas d'épicerie, pas de café...On campe sur l'aire de camping au milieu des baraques abandonnées, sous un ciel devenu gris et dans le froid: c'est glauque...

On s'interroge aussi sur les voitures militaires de l'Eufor que l'on croise à plusieurs reprises dans la journée. Pourquoi une telle présence?

On reprend la route. On se dirige vers Gorazde. On se demande vraiment ce que l'on va trouver dans cette ville dont on a tellement entendu parler pendant la guerre. L'atmosphère est de nouveau printanière, on roule le long d'une rivière. On s'arrête à Focà pour quelques courses. Beaucoup de gens viennent nous parler, on nous offre le café. C'est très chaleureux, même si la conversation est limitée. Dans cette vallée nous voyons nos premières mosquées aux minarets fins et élégants. C'est le week-end, tout le monde travaille au jardin ou dans les champs.


A Gorazde, les séquelles de la guerre sont très frappantes. On voit de nombreuses maisons avec des impacts de balle, d'autres détruites, d'autres neuves ainsi que des usines désaffectées et abandonnées. Le centre-ville est minuscule, à peine quelques boutiques. Nous continuons la route et demandons à planter la tente chez des fermiers. Là encore, c'est avec de grands sourires que l'on nous invite à nous installer.


Nous quittons ce pays avec l'envie de connaître plus en détails l'histoire de la région.