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Burkina-Faso(cliquez sur la carte pour une vision plus précise du parcours) 24 février 2008, nous venons de quitter le Bénin et pédalons au milieu d'une savane arborée. Le poste frontière du Burkina Faso est distant de 20 kilomètres et quand nous croisons un premier village, absolument identique à ceux traversés jusqu'alors on se demande à quels citoyens nous avons à faire..."Burkina Faso !"
![]() Nous faisons étape le samedi soir à Pama, première ville sur notre route. Nous demandons l'hospitalité à une communauté de frères, les frères des campagnes, chez qui nous sommes chaleureusement accueillis. Le père qui nous accueille a une sacrée histoire: à l'âge de 15 ans, berger et analphabète dans le nord du pays, il apprend à lire. Dans sa langue tout d'abord, puis en français. Il devient séminariste et à l'âge de 22 ans ont l'envoie à Toulouse étudier à l'université de thélogie; Quel parcours !
De Pama nous rejoignons Fada N'Gourma. Plus de 100 km au travers d'une brousse inhabitée. Nous longeons une réserve mais hormis un gros babouin, pas grand chose à se mettre sous la dent... Nous étions quand même sur nos gardes ayant en tête l'attaque d'une meute de babouins à laquelle nous avions échappé de justesse lors de notre traversée à vélo du Niokolo Koba au Sénégal il y a 6 ans. Arrivés à Fada N'Gourma nous apprenons que nous venons d'emprunter une des routes considérée comme les plus dangereuses d'Afrique de l'Ouest, non en raison des babouins (!) mais des coupeurs de route.
![]() On commence à avoir nos petites habitudes et nous cherchons la mission catholique. L'accueil est cordial mais après quelques minutes, la question qui tue: "vous priez combien de fois par jour ?" Euh, bon, c'est à dire que...c'est assez variable en fait;" "Mais vous priez souvent ?" Souvent, souvent, tout est relatif !"
Bon ça va il s'arrête là; ça commençait à me stresser un peu ce genre de questions !
Alors qu'on rentre à la mission après avoir diné, une jeune fille de 13 ou 14 ans nous suit. Elle ne parle pas français mais un homme nous traduit qu'elle voudrait qu'on l'emploie. La petite bonne, quoi. On lui explique qu'il n'en est pas question mais elle nous suit jusqu'à notre chambre à la mission, comme si on était son seul espoir. Ses parents décédés au village, ses soeurs l'ont envoyé en ville gagner de l'argent. Il fait nuit, et elle déambule dans les rues de la ville depuis quelques jours. Quelle vulnérabilité ! Chloé se démène pour qu'un prêtre s'occupe de son cas et quand nous quittons Fada N'Gourma il est prévu qu'une assistante sociale s'en occupe. En attendant, on l'installe sur un de nos matelas pour la nuit.
Nous filons vers Ouagadougou dans les grands espaces sahéliens. A Sorgho où nous faisons étape, nous mangeons dans la rue notre couscous de manioc alors que le soleil se couche. Les femmes discutent, les enfants jouent, le poste radio crachote Oumou Sangare ou Ali Farka Touré. Moment de plénitude.
A midi le lendemain nous déjeunons dans un petit village. La discussion s'engage facilement, comme bien souvent en Afrique de l'Ouest. Nous parlons entre autre de Thomas Sankara, le grand président burkinabé, le révolutionnaire, l'anti président bling bling. Lutte contre la corruption, vaccinations, scolarisation des enfants: en cinq ans, de 1983 à 1987, Thomas Sankara a transformé en profondeur son pays. Mais ce gauchiste faisait tache dans l'Afrique des dictateurs à la solde de l'Occident et il fut assasiné par l'actuel président, Blaise Compaoré. L'assassinat était bien sûr commandité par la France et les Etats Unis. La mémoire de Sankara est cependant toujours présente, l'opposition se réclame de son héritage, même si elle ne présente pas la même rigueur idéologique.
A Ouagadougou, nous sommes accueillis par Robert Cazal, médecin travaillant pour le comité ministériel de lutte contre le sida. Nous avions fait connaissance en Guyane trois ans plus tôt alors qu'il était responsable de la branche Sida pour les Caraïbes auprès de l'OMS. Toujours enthousiaste nous partageons ensemble impressios de voyage et expérience, et nous écoutons avec plaisir ses anecdotes qui rythme sa vie passionnante.
Nous reprenons la route le 2 mars, direction plein nord. Après deux jours et 220 kilomètres nous arrivons à Thiou, dernier village avant la frontière malienne. C'est un petit bout de nulle part avec trois épiceries et un bar qui vend de la bière tiède. Nous avons eu de la chance car une petite communauté des Frères des Campagnes y habitent. On a vraiment apprécié leur accueil chaleureux et décontracté.
4 mars 2008, le jour se lève quand le douanier burkinabé tamponne nos passeports. Le poste malien est distant de 50 km. La lumière rasante du matin accentue la beauté qui se dégage de ce paysage sahélien dépouillé. Les bornes se succèdent au bord de la piste jusqu'à la dernière: frontière malienne, deux kilomètres.
![]() Ensuite, plus rien... On doit être au Mali?!
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