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Chine(cliquez sur la carte pour une vision plus précise du parcours)
Nous entrons en Chine le 11 mai, heureux de reprendre la route apres notre pause vietnamienne. Les formalites douanieres sont rapides, et nous penetrons dans l'Empire du Milieu par une grande porte ou des touristes chinois nous photographient.
Nous evoluons au milieu de rizieres, environnes de montagnes calcaires en pain de sucre. Le ciel est menacant et nous recevons rapidement nos premieres gouttes. Les villes que nous traversons sont grises et tristes. Aucune maison ancienne, de hauts immeubles aux facades etroites recouvertes de carrelage blanc degoulinant de crasse, et non juxtaposees, offrant au regard de larges murs de briques ou de beton sans fenetres. Entre deux maisons, des gravats. Tout semble continuellement en travaux. Les rez de chausses sont fermes par de larges portes de fer. Les villages sont des miniatures de ces villes. Le premier soir nous trouvons facilement un hebergement dans une auberge (nous pensions qu'elles etaient reservees au Chinois). Le prix est modiques (20 Yuans, c'est a dire 2 Euros). Chambre poussiereuses, sommiers depourvus de matelas, mais les autres pieces ou vivent la famille sont similaires. Nos premiers contacts avec les Chinois sont cordiaux et un peu distants, la barriere linguistique est difficile a franchir. Les deux jours suivants, nous continuons cette petite route de campagne, entre averses et eclaircies, et logeons dans des auberges un peu crasseuses de petites villes assez glauques sous le ciel gris. Peu avant Nanning, la capitale du Guangxi, nous croisons deux cyclotouristes chinois. L'un d'eux est le doyen des cyclotouristes, il entreprend son tour du monde a 76 printemps! C'est le portrait crache d'Ho Chi Minh, il a en permanence un large sourire qui eclaire son visage. Son casque, trop grand pour lui, descend legerement en biais. Nos deux comperes vont au Vietnam pour commencer. Ils veulent atteindre Pekin pour les jeux olympiques de 2008. Aucun d'eux ne parle anglais. Quand nous les regardons s'eloigner peniblement (ils partents de Nanning, c'est leur premier jour), nous nous disons qu'ils ne sont pas arrives... Nanning est le premier vrai choc que nous recevons en Chine: c’est une ville ultramoderne aux hauts buildings, aux larges avenues propres et bordées d’arbres. Le centre ville est une succession de boutiques et de centres commerciaux vendant vêtements de marques, Hi-Fi, ameublement moderne, supermarchés avec des produits occidentaux. Des jeunes aux coiffures extravagantes font leur shopping, habilles a la dernière mode. Nous restons une demi journée, le temps de quelques courses, et sommes heureux de repartir et d’échapper a cette super consommation. Après Nanning, direction le nord est et le Guizhou Oriental. Nous traversons des villages aux vieilles maisons blanchies a la chaux, le toit pentu aux tuiles sombres, les portes et fenêtres encadrées de calligraphies sur fond rouge dont on décore les maisons a l’occasion du nouvel an. Toujours une belle campagne aux champs de mais et cannes a sucre impeccablement entretenus, sur fond de montagnes karstiques. A Liangjiang, nous trouvons une auberge proprette. Le propriétaire nous invite a partager le repas avec sa femme, sa belle fille et son fils. Celui ci est médecin a Wuming, une ville que nous avons traversée dans la journée et qui nous a laisses perplexes: les faubourgs de la ville sont sur des kilomètres construits d’immeubles flambant neufs et desesperement vides. Etant donne la pauvreté de notre chinois (!), on n’obtient pas d’explication. Le lendemain, nous rencontrons notre voisin de chambre, un Américain qui vit en Chine depuis 16 ans, en ballade a vélo pour le week end. D’après lui, c’est de cette façon que s’agrandissent les villes chinoises: on construit énormément avant de faire venir les habitants. Les contacts que nous avons avec les Chinois sont de plus en plus sympathiques. Passee l’interrogation initiale, nous avons droit a de larges sourires et des pouces qui se lèvent. Nos pauses sont l’occasion de petites rencontres, parfois un attroupement se forme autour de nous, hommes et femmes réunis. On ne reste pas nous contempler mais on nous parle, on rit. C’est chaleureux. Nous avons encore une belle étape de plat dans la campagne, les champs sont sépares par des bambous géants. De petites grand mères, la coupe au carre maintenue par une barrette, toutes menues, s’y activent, portant un de leur petits enfants dans le dos. Ca commence a grimper en fin de journée. A Xia’ao, nous demandons l’auberge. On nous indique vaguement un magasin qui vend des motoculteurs, son propriétaire nous regarde bizarrement puis envoie son fils muet au comportement étrange, nous montrer ce qui a du, un jour, être une chambre mais n’est plus guère qu’un repère a insectes. Nous n’avons pas le choix, il n’y a pas d’endroit ou planter la tente tant les moindres recoins sont cultives, et nous nous installons a contre cœur dans cet endroit crasseux. Le lendemain, il pleut, et notre petite route se transforme en voie rapide. Et ça grimpe. Nous avançons laborieusement, respirons les gaz d’échappement des vieux camions (il n’y a, en Chine, aucun camion moderne, c’est incroyable), traversons des villes sales ou se succèdent des stations essences prématurément vieillies, des échoppes de mécaniciens camions bordées de vieux pneus et de flaques d’huile. Assurément l’étape la moins agréable en Chine, même si les montagnes alentours sont belles. Arret le soir dans la ville de Nandan, au sec et au propre. Nous savourons ce petit plaisir. Autour de la ville vivent les Yao, une ethnie des montagnes. Ils portent encore leur tenue traditionnelle. Nous quittons la voie rapide pour rester cette fois définitivement sur l’ancienne route et cela change tout: très peu de circulation, le calme, la traversée des villages. Ceux ci sont de plus en plus beaux avec leurs maisons en bois aux toits de tuile. Dans les champs et les rizières on laboure avec un buffle. Aucun tracteur, aucun motoculteur. Les seuls signes de modernité dans les campagnes, c’est l’électricité, et parfois l’eau courante. Chapeaux coniques, buffles, chevaux, rizières en terrasse sur les collines sont les images qui défilent en permanence sous nos yeux, seule la pluie gâche notre plaisir. Nous continuons ainsi jusqu’à Duyun, une grande ville industrielle, et, la encore, nous avons un choc. Visuel, d’abord: cinq kilomètres avant le début de l’agglomération, plusieurs centrales thermiques en piteux états crachent une épaisse fumée blanche dans un sifflement rauque. Respiratoire, ensuite… C’est a la limite de l’asphyxie, les yeux et la gorge nous piquent. Et pourtant, la encore, les paysans cultivent le moindre lopin de terre, nous avons de serieux doutes sur la qualité des fruits et légumes que nous consommons… La ville de Duyun est a l’image de ses usines, nous avons du mal a concevoir que des personnes vivent dans un environnement pareil alors que quelques kilomètres plus loin c’est une campagne luxuriante et magnifique. Le centre ville se veut plus “clean”, mais derrières les façades repeintes partent de petites ruelles grises de pollution. Nous nous réfugions dans un cyber café, pas évident a localiser, au huitième étage d’un immeuble. Il compte au moins trois cent ordinateurs, tous les jeunes viennent s’y enfermer des heures pour jouer aux jeux vidéos. La route est agréable de nouveau jusqu’à Kaili, début du pays Hmong et du Guizhou Oriental. C’est dimanche et jour de marche. Les habitants des villages environnants viennent vendre leurs produits. Les femmes Hmongs portent un chignon décore d’une fleur en tissu colore. Le marche est très anime, nous l’abordons par le coin ou l’on vend les animaux vivants. De nombreux chiots en cage… On ne comprend que c’est pour les manger que lorsque l’on voit, en face, les poules et les canards, puis, plus loin, un chien embroche et prêt a consommer… De Kaili nous nous rendons a Xijiang, le plus grand village Hmong de Chine. Les Hmongs sont une des minorités ethniques les plus représentee en Chine, avec une population de près de 9 millions de personnes. Ils vivent dans un territoire assez homogène. Il existe officiellement 55 minorités ethniques en Chine, mais elles représentent seulement 8% de la population. Dans ces groupes, la politique de l’enfant unique n’est pas encouragée d’ou un accroissement relatif de leur poids démographique. La route entre Kaili et Xijiang est très belle, nous rejoignons rapidement une rivière et les villages, entièrement en bois, sont situes de part et d’autre, au milieu des rizières en terrasse. Pour rejoindre Xijiang, nous empruntons une piste, grimpons pas mal pour atteindre une autre vallée. Le village est situe en contrebas et s’etage sur les flancs de la montagne. Il est entoure de rizières, et le vert lumineux de celles ci éclate sur le fond noir du village et des forets. Nous trouvons a nous loger dans une petite auberge pour 20 Yuans (2 Euros), et partons nous perdre dans les ruelles pentues du village. En fin de journée on y croise les paysans avec leur chapeau de paille qui reviennent de leur champ avec leur buffle ou leur petit cheval. Encore peu de touristes viennent ici, on croise un ou deux groupes de touristes chinois. Nous avons conscience que le potentiel est énorme, cette relative tranquillité ne durera pas. Apres Xijiang, nous restons plusieurs jours en pays Hmong. Un peu de piste au début, puis nous retrouvons une route asphaltée. Tous les villages que nous traversons sont uniformes, l’harmonie est totale entre ces grandes maisons en bois et les rizières étagées sur les montagnes. Nous passons de vallées en vallées, grimpons parfois longtemps mais les pourcentages sont raisonnables. Selon les villages ou les districts, les tenues et coiffures sont légèrement differentes. On répond toujours a nos sourires, nous dormons le soir dans les auberges des villages. Nous avons un plaisir immense de pédaler dans des endroits aussi beaux, la circulation y est rare. Quel contraste avec les Hmongs de Thaïlande ou du Laos, beaucoup plus pauvres, vivant dans des petites maisons en bambous, entoures de montagnes deforestees par les cultures sur brûlis. Ces villages nous avaient laisses une impression de grande tristesse, en Chine c’est tout le contraire. Nous atteignons la ville de Rongjiang, et pour la première fois on nous refuse dans les auberges. Nous devons dormir dans les hôtels pour étrangers, bien plus coûteux, aussi on continue la route et trouvons finalement un bivouac agréable et tranquille au bord d’une rivière. Nous apprécions la discrétion des Chinois qui passent et nous saluent mais ne restent pas nous regarder… Le lendemain, matinée ensoleillée, nous pénétrons en pays dong, une autre ethnie. Pause a 10 heures devant le village de Xiajiang, ou nous sommes intrigues par la foule en tenue traditionnelle qui y descend. Nous allons y faire un tour, et découvrons le marche le plus anime et colore que nous ayons vu. Hmongs et Dongs des villages viennent vendre leurs produits ou faire leurs emplettes, se baladent avec des cages en bambous remplies de poules ou de canards qu’ils portent ensuite en balancier au bout d’une tige en bois. Les poissons sont vendus vivants, comme les autres animaux. En Chine, les gens aiment acheter une viande de première fraîcheur et les animaux sont souvent tues sur le marche. Les femmes portent une jupette et des jambières, une veste. Couleurs et broderies varient en fonction des ethnies. Toujours un chignon plus ou moins élabore, de grosses boucles d’oreilles et pendentifs en argent. La foule se presse ou flane autour des stands, on trouve absolument de tout sur le marche. Quand nous reprenons la route, un violent orage éclate, précéde de bourrasques de vent qui nous déportent. Nous nous réfugions dans une maison pour manger, on nous fait chauffer de l’eau pour nos nouilles puis les gens se replongent dans leur jeu de dominos et nous n’existons plus. Cartes et dominos sont le passe temps favoris des Chinois, hommes ou femmes. On parie souvent de l’argent, pour y ajouter du piquant, mais pour certains c’est une véritable addiction et un fléau. Un peu démotives par la pluie qui n’arrête pas, nous atteignons la ville de Congjiang et décidons d’y rester une nuit. La encore on nous refuse dans les auberges. Sous la pluie, cette ville typiquement chinoise est bien glauque… L’hôtel pour étrangers ne doit pas en accueillir souvent! Le lendemain la pluie nous accompagne jusqu’en milieu de matinée. Piste sur 20 kilomètres, villages assez pauvres, vieilles demeures en bois et toitures en écorce rongées par l’humidité, les visages sont fermes. Nous nous rendons au village dong de Zhaoxing, et quittons l’axe principal pour le rejoindre. Et c’est mieux, car la, c’est de asphalte sur une route paisible, la pluie s’est calmée. Zhaoxing est un village magnifique. Les Dongs sont réputes pour leurs charpentes et la non utilisation de clous dans l’édification de leurs grandes maisons en bois. Le village est traverse par une rivière, plusieurs ponts en bois recouverts d’un toit en tuile la traverse, et on y trouve quatre tours (les villages dongs ont toujours au moins une tour dite “tour du tambour”). Le village est entoure de rizières, et on trouve même quelques parcelles entre les maisons. La rue principale est bordée de petites échoppes d’artisanat, de guest houses et restaurants, mais l’ambiance est décontractee vis a vis des touristes. Ca a bien change depuis l’écriture de notre guide qui conseille de se renseigner sur la viande du jour car le rat fait partie de l’ordinaire de la région… Le tourisme se développe très rapidement, notamment les touristes chinois qui voyagent en groupe. Ils adorent en général le folklore et les habits traditionnels, ce qui, a terme, risque de figer les ethnies et leurs habitants dans un rôle de “curiosité locale”. D’un autre cote, les villages sont conserves, rénoves, et ici, on ne voit pas d’immeubles aux façades carrelées… Nous passons deux nuits a Zhaoxing pour nous reposer et profiter de l’ambiance détendue. Nous rejoignons ensuite l’axe Congjiang-Sangjiang que nous avions quitte, de nouveau une piste poussiéreuse, puis une route en travaux jusqu’à Longshen. Avant de rejoindre Guilin, nous allons visiter les rizières en terrasse de Longji. Il faut grimper un petit col, mais cela vaut le détour, car les rizières sont en terrasse sur toute la montagne, jusqu’au sommet, elles sont très étroites et il n’est pas possible de labourer avec un buffle. Le contraste entre le labeur des paysans et tous les groupes de touristes venus admirer cet étrange façonnement de la nature par l’homme est saisissant. Le village de Pingan est compose d’énormes maisons qui font hôtels ou restaurants, le niveau de vie des habitants s’est brusquement élevé et on imagine que ce n’est pas évident pour tous les habitants de comprendre ce phénomène d’engouement. Pour rejoindre Guilin, on empreinte d’abord une petite route qui grimpe au cœur d’une magnifique foret de bambous, avant de rejoindre l’axe principal. La ville compte un million d’habitants, est entourée de montagnes karstiques qui en font sa renommée, mais elle n’offre en soi pas beaucoup d’interet. Elle est agréable, l’air est respirable, on y trouve de beaux parcs, de grandes pistes cyclables pour les vélos et scooters électriques. Après le Vietnam et le Cambodge, c’est un plaisir de pédaler dans les villes chinoises. Les gens sont prudents, roulent a des vitesses raisonnables, ne klaxonnent pas de façon inconsidérée, et il existe un espace réserve pour les differents types de véhicules et les piétons. La ville de Guilin encourage l’utilisation de véhicules électriques (exemptions de taxes et d’immatriculation). C’est inodore et silencieux, par contre, il faut bien produire l’électricité dans l’une des nombreuses usines a charbon... A Guilin, nous sommes hébergés par Jean Christophe, un breton membre d’hospitalityclub. Il y vit depuis huit mois, enseigne Français et Anglais a l’université. En Chine, l’éducation est payante a partir de l’age de neuf ans, et peut être très chère dans certaines grandes villes. Plus on avance dans son cursus, plus c’est cher et les bourses sont rares. Les parents doivent donc économiser pour l’éducation de leur enfant. Actuellement, c’est toujours la politique de l’enfant unique qui prévaut. En cas de deuxième enfant, les parents ont une amende (dont l’importance varie en fonction du revenu du couple). A Pékin, l’éducation d’un enfant qui va jusqu’à l’université coûte environ 100 000 Yuans (10 000 Euros). En Chine, le salaire moyen est de 800 Yuans (80 Euros). Évidemment, les revenus et l’éducation sont plus élevés a la ville qu’a la campagne. La politique de l’enfant unique est plus souple dans les campagnes et les parents sont autorises a avoir un deuxième si le premier est une filles: celles ci, a leur mariage, quittent leurs parents pour s’installer dans leur belle famille, alors que les garçons restent. A l’université, Jean Christophe a quelques directives: ne pas aborder la politique, Mao ou les sujets qui fâchent. Il doit même distribuer des bonnes notes car les jeunes et leurs familles paient et doivent donc obtenir le diplôme. Avec l’argent, tout s’arrange en Chine. Nous rencontrons un collègue chinois de Jean Christophe, qui parle Français et passons une soirée sympa a discuter des cliches usuels sur la Chine et la France… Nous prenons ensuite la direction de Yangshuo. Le trajet en bateau sur la rivière Li entre les deux villes est repute car les montagnes karstiques se jettent dans la rivière. Nous optons pour la petite route, loin de l’axe principal et ne sommes pas decus. 25 kilomètres après Guilin, nous devons traverser la rivière (a Zhujiang) en bac. Nous entrons alors au cœur des montagnes, puis nous grimpons, sur une piste de bonne qualité. Aucune circulation, très peu de villages. On atteint parfois un petit plateau avec quelques cultures, puis continuons sur les flancs des montagnes. On a de belles vues, les sommets s’étalant devant nous a l’infini. C’est vraiment grandiose. Nous redescendons ensuite dans la plaine, au milieu des rizières, atmosphère tranquille de la campagne chinoise. Yagshuo est une ville ou le tourisme ne cesse de se développer, situee sur la rivière au cœur des montagnes en pain de sucre. Nous sommes gentiment accueillis par Serge Leret et sa femme Xiaolin, ainsi que leurs deux enfants. Serge est parti pour un tour du monde a velo en 1993, et a pédalé quatre ans jusqu’en Chine. A Yangshuo, il a rencontre Xiaolin. Une belle histoire: ils se sont maries, ont deux enfants. Ils ont vécu plusieurs années en France, et l’année dernière ont décide de venir s’installer en Chine. Et pour ne pas y arriver trop facilement, ils ont opte pour un voyage en Citroen AX. Pas banal, pour traverser la Turquie, l’Iran et l’Asie Centrale (http://tribulations-famille-chine.blogspot.com/)…Nous avons visite la famille de Xiaolin, originaires d’un petit village pres de Yangshuo. ![]() Serge a écrit le récit de ses aventures, “Les tribulations d’un pédaleur errant”, et nous l’avons d’abord découvert par ce biais. Avant notre départ, nous l’avons rencontre personnellement au festival du voyage a vélo a Paris. Nous vous conseillons vivement la lecture de son livre, car le style est vraiment chouette et l’aventure impressionnante. Vous pouvez le trouver sur son site http://serge.leret.free.fr Quant a nous, nous avons prolonge nos visas a Guilin pour un mois et repartons le 6 juin, direction Shanghai.
2ème partie Nous sommes donc parti de chez Serge Leret le 6 juin. Mais avant ça, deux anecdotes, de celles qui rythment un voyage! Le 4 juin nous consultons tranquillement nos comptes bancaires sur internet. Surprise: un retrait inexpliqué de 1 600 euros sur mon compte effectue il y a une semaine...on ne nous a pas vole notre carte de credit et nous n'avons rien paye avec. Et pourtant il s'agit bien d'une fraude faite à Pékin, dans un magasin de fourrure (plutôt marrant pour un adhérant de Greenpeace...). Enfin bref la banque rembourse, reste a prouver notre présence loin de Pékin a ce moment la. Le soir Serge nous emmène avec son frère boire un verre dans un restaurant français de Yangshuo. Rencontre avec le propriétaire, un personnage haut en couleurs. Pas bien dans sa peau gamin dans son Alsace natale, il s'engage a 18 ans dans la légion ou il intègre un corps spécial. Il fait ainsi parti de la garde rapprochee de Omar Bongo au Gabon pendant deux ans au début des années 80. Il a aide à repousser trois tentatives de coup d'état. Avec le grade de Sergent il était également instructeur des nouvelles recrues. Son contrat termine on lui demande de continuer mais c'est non, il en a marre. C'est pas vraiment sa conscience politique qui le torture. Il se rend bien compte que la politique de la France est tordue et immorale mais il était paye pour faire un boulot et il l'a fait. Et plutot bien. (A ce sujet si vous voulez approfondir ou tout simplement prendre connaissance du scandale du rôle de la France dans la potitique calmiteuse de l'Afrique: www.survie-france.org ). Il revient donc en France avec ses 150 kg de fret offert par l'armee: des peaux de serpents et de l'ivoire...Il s'en suit un an d'école chez les CRS. Mais l'ambiance ne lui plait pas. Il décide alors de partir pour l'Asie, un reve qui s'est forme en regardant des films a la caserne, la bas, en Afrique. Il part avec un copain qui le lache au Tibet en plein hiver, malade a crever. Il descend alors au Nepal et commence a faire du trafic d'antiquite. Mais avec les Nepalais ca ne fonctionne pas. Direction l'Inde, puis l'Asie du Sud Est et enfin la Chine, Yangshuo. C'est la qu'il a pose son sac il y a deja 16 ans. Quelques annees plus tard il y a ouvert un restaurant dans un enfroit magnifique. Il parle chinois couramment et se faufile dans les meandres de la diplomatie a la chinoise ou tout est affaire de relation, le "guanxi". Durant toute notre traversee de la Chine l'accueil des Chinois aura ete remarquable, empreint de bonhomie joviale et de curiosite. Mais quand il s'agit de faire du business les regles ne sont plus du tout les memes: violence et xenophobie. Menaces, tabassage par les policiers, il aura tout endure. Et pour garder sa place il compose avec la mafia. Absolument tout ce qui touche a l'argent est controle par la mafia a Yangshuo, Guilin et dans toute la Chine. Peut etre le pays le plus mafieux et le plus corrompu au monde. Notre rambo de Yangshuo, au vocabulaire hesitant, s'adresse a vous en souriant, zygomatiques contractes au maximum. Il nous parle du magnetisme de ses vieux jades, du boudhisme (il possede une collection de Boudhas remarquable) et des forces celestes qui s'affrontent au dessus de nos tetes, melangeant allegrement la philosophie boudhique et la Guerre des Etoiles... Quand je le questionne sur sa famille il m'apprend que son grand pere etait grec, refugie grec en fait. Apres s'etre un peu empetre dans les termes "royaute, euh enfin monarchie, enfin...", il me plante son regard dans le mien, regard a la Dupontel dans Bernie, et me sort que son grand pere etait roi, roi des grec...enfin presque, il etait prince! Information pour le moins deconcertante. Je sens Serge derriere moi quelque peu interloque...Et pourtant c'est vrai! Son grand pere etait le prince aspirant a la couronne au moment du renversement de la monarchie en Grece. Il faisait ses etudes en France a ce moment la et s'est enfui par la suite aux Etats Unis, sans avoir reconnu son fils illegitime, le pere de notre hero. En somme un vrai personnage de roman.
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![]() Mardi 3 juillet embarquement dans un bateau direction le Japon, 44 heures de traversee prevu pour rejoindre Osaka. Le Japon, l'Extreme Orient et notre dernier pays asiatique. |