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La CroatieBonjour tout le monde! (cliquez sur la carte pour une vision plus précise du parcours) Nous voici à Dubrovnik, après avoir passé 14 jours en Croatie et parcouru 700 km. Tout d'abord on vous rassure: le genou de Chloé se porte bien! Heureusement d'ailleurs, vu tout ce que l'on grimpe... Nous avons quitté Trieste et l'Italie sous un ciel gris le 22 mars. Après avoir traversé toute la zone industrielle (en vélo, le pied...), nous arrivons à la frontière slovène. Premier pays inconnu, porte de l'Europe de l'est!
Première constatation: "Tiens, c'est marrant, y a plein de 4L !". On a fait en tout et pour tout a peine trente km en Slovénie....Trente km de grimpette dans le brouillard et la pluie!
Nous sommes en Istrie, péninsule au Nord Ouest de la Croatie: Après avoir appartenue à la république vénitienne, puis à l'empire austro-hongrois, l'Istrie fut rétrocédée à l'Italie en 1918, qui la conserva jusqu'à la fin de la seconde guerre mondiale. L'Histoire, et le tourisme aidant, les istriens parlent italien et allemand. Les panneaux sont d'ailleurs bilingues croate-italien. Après un premier camping sauvage a Novigrad, nous sommes passé par Poreæ, petit port ayant appartenu a l'empire byzantin dont il reste une superbe basilique du sixième siècle.
Les routes serpentent dans des paysages où se mêlent le vert des oliviers, le blanc de la pierre et une terre teintée de rouge.
Nous arrivons le soir à Rovinj. Près du port nous trouvons un petit coin d'herbe entre les arbres. On s'installe tranquillement à la nuit tombée. Alors qu'on est entrain de faire notre popotte, une voiture s'arrête en contrebas..."Oh,oh, voila les keufs..." Trois cowboys débarquent et nous gueulent dessus en croate. On comprend qu'il faut montrer les passeports et qu'on a intérêt à s'exécuter rapidement. "OK, vous avez 10 minutes pour dégager!"..." Euh....ça va pas trop être possible..."OK, 15 minutes!!!". On a battu le record du levage de camp ce soir là. Alors qu'on allait partir, on entend une voiture freiner, et quatre énergumènes qui sortent nous gueuler dessus. On comprend juste "touriste" et "camping". On fait comme si de rien n'était, ils s'en vont et nous voila à 21 heures passées à pousser nos vélos. On se dirige vers l'extérieur de la ville. Une fois le dernier lampadaire dépassé, on cherche un endroit où poser la tente, à distance de la route. Et là, une voiture débarque et nous éclaire avec ses phares. C'est notre bande de potes...Et la, ça commence à devenir un peu flippant! on détale illico, retour vers le centre ville. Il y a en Croatie beaucoup de chambres chez l'habitant, indiquées par des panneaux. On essaie la première: fermée, comme la plupart à cette période de l'année! On finira finalement dans un hôtel super confort à 50 euros la nuit.... Voila, à partir de la le camping sauvage on le fait hyper discret!!! On s'est interrogé sur cette agressivité. La veille, Chloé avait déjà entendu une remarque désobligeante à propos des touristes. Toutes la cote istrienne est parsemée de panneaux publicitaires vantant les mérites de villes, d'hôtels,etc... Après des décennies de communisme au sein de la Yougoslavie, la guerre de 1991 a 1995, les Croates de la côte voient déferler les touristes allemands et italiens, ainsi que des promoteurs immobiliers, pour la plupart allemands. La transition n' est pas forcément évidente... Et Rovinj? Notre coup de coeur. Magnifique petit port de pêche aux maisons colorées, entouré par la mer. Après une journée de repos à Pula, nous avons longé la côte vers Rijeka, puis redescendu, toujours le long du littoral, vers la Dalmatie. La côte est très escarpée et nous grimpons dans des panoramas superbes avec à notre gauche des sommets a 1800 mètres et à droite l'Adriatique.
Nous n'avons pas eu beaucoup de contacts avec la population, ce qui est un peu normal dans les régions touristiques, hormis avec Ana, qui nous a offert le cafe à Vodiæe. Croate, elle vivait en Bosnie et s'est réfugié en Croatie pendant la guerre au cours de laquelle elle a perdu plusieurs membres de sa famille. Hormis les destructions d'infrastructures, la guerre a déplacé beaucoup de populations, et les Serbes ont pratiquement tous quitté la Croatie. Les atrocités commises du coté croate sont un peu taboues, et nous avons vu à plusieurs reprises des affiches ou des tags "Gotovine, heroj!"; le général Croate Ante Gotovine est inculpé pour crimes de guerre par le TPI et est toujours en fuite... La presqu'ile de Pag nous a charmé avec ses murets en pierre, ses moutons, et sa lumière qui lui donne un air de Connemara.
De Zadar, encore une très belle ville, nous avons roulé jusqu'à Split, deuxième ville de Croatie. La veille ville, qui donne sur le port, siège au sein d'un énorme palais antique, le palais de Diocletien, empereur romain ( 245-313). C'est un des plus imposants vestiges romains encore debout, et environ 3000 personnes y vivent. C'est vraiment incroyable de marcher dans de petites ruelles débouchant sur un forum avec ses veilles colonnes!
Nous y avons pris le bateau pour Koræula, île montagneuse, puis rejoint le continent pour arriver à Dubrovnik le 3 avril. Dubrovnik est une petite ville ( 45000 habitants), mais sa notoriété est internationale. Classée à l'Unesco, la ville fut ravagée au 2/3 pendant la guerre en 1991. Elle a été restaurée minutieusement depuis, et il ne reste rien des stigmates des bombardements. Ville magnifique, entourée d'imposants remparts renfermant des places dallées de marbre et des rues pavées en pente.
Zadar, plus au nord fut également fortement touchée par la guerre et restaurée à l'identique. De manière générale, il ne reste plus grand chose des dégâts dûs aux bombardements sur la côte, à l'inverse de Vukovar par exemple ( où nous ne sommes pas allés), située au Nord près de la frontière serbe. Nous partons le 6 avril en Bosnie et rejoindrons la frontière serbe le 9 avril, où nous devons retrouver notre cher "ouebmaster", à Kustendorf, village fondé par Emir Kusturiæa. Un salut spécial aux plancoetains qui nous suivent, et à tous ceux qui nous écrivent!
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