Bicyclettes Nomades

Thaïlande

(cliquez sur la carte pour une vision plus précise du parcours)

 

11 février 2007. Nous quittons Rangoon, capitale tranquille aux allures de ville de province, et prenons l'avion pour Bangkok. L'aéroport est ultramoderne, des milliers de touristes y transitent. En cette fin de matinée, il fait une chaleur étouffante qui contraste avec l'air climatise de l'aéroport. Nous préparons les vélos et les sacoches avant de nous élancer vers la ville. Ce qui était censé n'être qu'un petit tronçon de voie express semble ne pas s'arrêter, et en plus nous allons plein ouest (au lieu de plein sud...) Nous décidons rapidement de quitter cette autoroute,  la circulation devenant de plus en plus dense. Nous interpelons un homme au volant d'un gros pick up. Son anglais est loin d'etre parfait, mais nous nous comprenons. Nous avons atterri dans le nouvel aéroport international de Bangkok, non pas au Nord mais à l'est de la ville. Pas une seconde, après douze mois de voyage, nous n'avons pensé qu'il pouvait y avoir plusieurs aéroports internationaux à Bangkok! Avant de nous quitter et après nous donner les explications pour retrouver notre chemin, l'homme nous lance  un "welcome in Thaïlande" avec un grand sourire.
 
 
Bangkok ne va pas cesser de nous étonner. Ca a été un véritable choc, un tourbillon de modernité et de société de consommation comme nous n'y étions pas réellement préparés. Nous savions juste qu'à Bangkok, on trouvait tout, nous n'avions pas vraiment imaginé ce que cela impliquait : building et immeubles gigantesques, boutiques de luxe, centres commerciaux, méga-supermarchés, fast-food à tous les coins de rue. Les trottoirs sont envahis de petites échoppes et restaurants où l'on peut (presque) tout manger: fruits prédécoupés, plats de riz et noodles, grillades de viandes, de poissons, de crustacés et même quelques insectes bien croquants... Surenchère de protéines, à très bas prix. Les enfants s'enfilent des saucisses et des soupes de rognons à la sortie de l'école, l'obésité commence à devenir un phénomène visible.
 
La ville est très propre, les véhicules et motos roulent de façon civilisée et n'utilisent pas leurs klaxons de façon inconsidérée. Ca nous semble surréaliste! On peut également circuler en métro aérien ou en bateau sur le fleuve.
 
Deux traits de société, que l'on continuera à observer dans le reste du pays, nous frappent. C'est d'abord la grande tolérance vis à vis de la communauté homosexuelle. Il n'existe aucune discrimination vis a vis d'elle (tant dans la loi que dans les attitudes), et il n'est pas rare d'être servi dans un magasin par un travesti ou un transsexuel.
D'autre part, l'attachement au roi est immense. En cette année où l'on célèbre ses quatre vingt ans, nombreux Thaïlandais portent un polo jaune avec le blason de la monarchie, les drapeaux flottent devant tous les magasins et hôtels, et le portrait du couple royal saluant la foule est un grand classique. Il y a quelques mois, un coup d'état militaire soutenu par le roi a renversé un gouvernement démocratique rongé par la corruption, et une junte militaire a pris le pouvoir en attendant de nouvelles élections. La situation a été bien acceptée par la population. Le roi semble être l'élément de stabilité de la vie politique thaïlandaise.
Bangkok a été l'occasion de refaire une sante à nos vélos, malmènes par 14 000 kilomètres parcourus depuis la France, mais c'est avec beaucoup de joie qu'on les récupère pour échapper à cette ville tentaculaire...
 
Nous prenons un bus jusqu'à Sukhothai, ancienne capitale, aujourd'hui parc historique figurant au patrimoine mondial de l'humanité. Nous sillonnons le parc à vélo sur les allées propres et bien entretenues, visitons les monastères et stupas.

 

Le lendemain, le voyage reprend ses droits. On quitte la ville au lever du jour, direction l'ouest, les montagnes près de la frontiere birmane.
 
Première étape sur une route plate à l'asphalte impeccable, bordée de stations services modernes avec des superettes. Les arbres ont perdu leurs feuilles, c'est l'hiver. Seule la chaleur en ce mois de février nous indique que nous ne sommes pas en Europe. La circulation est peu dense. Quatre vingt dix pourcents des véhicules que l'on croise sont des pick up ou 4X4 flambant neufs, un vrai contraste avec les pays précédents.
Apres 120 kilomètres, nous faisons étape dans le monastère Wat Phra Borommathat, un lieu de pèlerinage pour les Thailandais bouddhistes (qui représentent quatre vingt quinze pourcents de la population). Nous y dormons dans une grande chambre, comme les autres pèlerins. Ca nous fait drôle, après la Birmanie, de ne pas devoir nous cacher ou aller voir la police, et nous apprécions!!
 
Des le lendemain, nous commençons à grimper. Les pourcentages sont de plus en plus durs au fil de la journée. Heureusement, après  les premiers kilomètres au cœur d'une forêt un peu sèche et poussiéreuse, nous avons droit à de belles plantations de bananiers et de bambous. Par contre, la forêt a disparu, brulée par les hommes pour en faire des champs cultivables. La déforestation est un véritable fléau en Thaïlande qui ne garde aujourd'hui que dix pourcents de sa forêt primaire. Nous avons vu quelques programmes de reforestation, mais malheureusement ce n'est pas suffisant.
Nous nous sentons bien sur cette route de montagne. Ici, la société moderne est encore loin. Les habitations sont traditionnelles, sur pilotis, aux toits tresses. Les petites échoppes vendent seulement quelques biscuits et boissons fraîches. Des femmes tressent des paniers en bambou, des paysans passent en portant dans leur dos un grand panier rempli de feuilles séchées qui serviront à refaire les toitures. 
Les dernières côtes avant la descente sont éprouvantes, les pourcentages impressionnants et nous sommes obligés de pousser les vélos pour les terminer, ce qui est presque aussi épuisant que de pédaler!
Le soir nous trouvons facilement à nous loger. Nous demandons l'hospitalité dans une école catholique et dormons sous l'église. Réveil au son du Notre Pere récité en thaï...
 

 
 
Chaque jour, nous nous faisons la réflexion que les Thaïlandais sont adorables. C'est incroyable ces sourires, ces mains jointes et ces têtes qui s'inclinent, ces gestes amicaux, et ce même, nous le constaterons plus tard, dans les endroits touristiques. Et puis, surtout, ce respect, cette distance polie qui nous permet de nous reposer après nos journées éreintantes.
 
Nous approchons de la frontiere birmane. Les pourcentages sont plus cléments et c'est un vrai plaisir de pédaler dans la forêt. Notre œil est attiré vers un village dont les maisons se détachent sur le flanc de la montagne. Nous remarquons ensuite les barbelés et les barrières qui l'entourent. Un peu plus loin, le "portail" marquant l'entrée du village est ouvert, le marche bat son plein. Les habitants sont Birmans: les hommes portent le longi et la plupart des femmes couvre leur visage de thanaka. Retour à peine dix jours plus tôt, en Birmanie... Nous retrouvons la tea house ou boire un "coffee mix" (mélange de nescafé, de lait et de sucre) et du the vert à volonté, les boutiques sont encombrées de produits birmans. Nous rencontrons rapidement Harry, qui nous confirme que nous sommes dans un camp de réfugiés birmans, le camp de Mae La. Il abrite quelque 45 000 réfugiés originaires du Myanmar, pour la plupart des Karen (ethnie birmane en conflit avec la junte militaire au pouvoir). Ce camp, créé en 1984, est le plus ancien et le plus grand camp de la frontière. Le long de celle ci, 140 000 réfugiés sont accueillis dans neuf camps. Pour plus de renseignements sur les Karens: http://francekaren.free.fr/
 
Harry a trente deux ans, est né en Birmanie et a fui avec sa famille.
Il est instituteur et père de deux enfants. Dans un avenir proche, il va partir en Norvège, pour s'installer et trouver un emploi. Le camp de refugiés, aussi "joli" soit il, est une prison. On se hasarde à poser quelques questions, savoir s'il est réellement préparé à ce pays, à ces hivers qui sombrent dans la nuit en milieu d'après-midi, ce froid. Il est probablement loin de pouvoir imaginer tout cela, tant c'est distant et abstrait. La liberté est à ce jour ce qui compte le plus pour Harry, et cela nous le comprenons.
 

 
Harry nous quitte pour aller retrouver sa classe. Pour passer la nuit dans le camp, il faut  aller demander une autorisation un peu plus loin, dans le gros village où se trouve aussi l'hôpital. On reprend la route sur deux kilomètres, le camp de réfugiés se continue sans interruption. Nous partons à la recherche de l'hôpital et nous nous perdons dans un dédale de petites ruelles bordées d'épiceries et de stands où on fait frire des beignets. Nous traversons un petit pont qui mène à un marché couvert où se côtoient réfugiés karens et musulmans, quelques moines. C'est immense, bien plus grand que le premier village ne nous l'avait laissé penser, et l'envie de rester nous quitte. Si nous ne retrouvons pas la maison de Harry, à quoi bon? Qu'allons-nous faire exactement? Nous ne voulons pas être des curieux impolis.
 
Nous reprenons la route, et ce qui nous trotte en tête c'est de revenir travailler ici. Nous enregistrons les noms des ONG que nous avons vu écrits sur les voitures du camp. 
 
Nous rejoignons dans l'après midi la rivière qui marque la frontiere entre Thaïlande et Birmanie. Nous avons repéré une petite guest house où nous allons passé la nuit. Nous rencontrons à la pause café un Californien d'une carrure aussi impressionnante que celle de son célèbre gouverneur. Il est anesthésiste et a travaillé, il y a 12 ans, comme volontaire dans le camp de refugiés. Pendant son séjour, il a rencontre Tassanee, une femme d'origine birmane qui recueillait des enfants abandonnés. Sans aucune aide extérieure, sa maison est devenue un orphelinat. Depuis un an, Monte Chris (l'Américain) a monté une ONG pour aider l'orphelinat à obtenir un statut légal, et trouver des financements pour nourrir et soigner les enfants. L'orphelinat, situe à 24 kilomètres, est sur notre route et nous sommes invités à y passer le lendemain.
 
Nous n'y sommes restés que 24 heures, et c'est pourtant en ce lieu que se mélangent et se pressent nos plus belles émotions et nos plus beaux souvenirs de Thaïlande. Ban Tha Song Yang est un petit village. Il faut quitter l'axe principal et faire deux kilomètres pour le découvrir. L'orphelinat est à deux pas de l'école et à 200 mètres de la rivière. En face, les montagnes birmanes. L'endroit est très harmonieux et paisible.
Nous sommes surpris par l'orphelinat lui même: c'est une maison traditionnelle en bois. Le rez-de chausse est en terre battue, un grand sommier surélève en bois  lui donne un air de dortoir. Un escalier mène à l'étage: à droite, le coin cuisine et à gauche une grande pièce, des matelas pliés dans un coin, un tableau au mur. Dehors, une cour avec au centre une table et quelques chaises, au fond les sanitaires: un seul WC et une douche.
 

 
Nous découvrons les lieux tous seuls, car à notre arrivée les enfants sont à l'école. Une dame qui s'affaire à la cuisine nous apprend que Tassanee est absente, mais que Lulu, la volontaire française dont Monte Chris nous a parlé, va bientôt arriver. On part se balader dans le village et à notre retour nous rencontrons Lulu et les enfants les plus jeunes qui rentrent de l'école.
Nous comprenons alors un peu mieux la situation: la grande majorité des enfants n'ont pas de papiers d'identité et sont originaires de Birmanie (la plupart sont Karens), et Tassanee les a accueillis un par un, les a intégrés à sa famille (sa mère et ses enfants). L'orphelinat compte trente cinq enfants (le plus jeune a quelques mois et le plus âgé 17 ans). Officiellement, il n'existe pas, et les enfants sont acceptés à l'école si les volontaires qui passent à l'orphelinat viennent y donner un coup de pouce lors de leur passage.
 
Les volontaires, comme nous explique Lulu,  il est important qu'il y en ait, même pour de courts séjours afin que ces enfants ne se sentent pas oubliés. Un couple français de voyageurs est reste 7 semaines avec les enfants, jouant avec eux, donnant des leçons d'anglais. Ici, rien n'est obligatoire, chacun vient avec son modeste savoir faire ou sa bonne humeur. Avant eux, un Ecossais est passé et a acheté un frigo, une machine à laver, les matelas (les enfants dormaient sur le plancher), des fournitures scolaires. Lulu est arrivée avec un cheque de 10 000 euros qu'elle a obtenu de son employeur pour l'ONG. Mais Lucia n'a pas simplement amené de l'argent, elle a surtout offert son sourire, sa bonne volonté et générosité.
Pour que les enfants ne tournent pas en rond, nous les emmenons à la rivière se baigner. Les enfants profitent du bain pour laver quelques affaires, même les plus petits. Nous sommes frappés par leur maturité et leur politesse. A 35 dans un espace aussi réduit, ca pourrait et "devrait" être désordonné et sale. Mais non, les enfants  passent le balai, nettoient les sanitaires, lavent leur linge. Les filles aident en cuisine. Et puis, il y a ces trois femmes: Tassanee (absente le jour de notre visite) la mère de tous ces enfants, et deux femmes birmanes qui ont perdu leur mari, qui vivent et font vivre ces enfants en aidant aux tâches ménagères et offrant leur amour. C'est très touchant.
Les enfants prennent leur repas vers 17 heures 30 puis Lulu (qui n'arrête pas), donne deux heures de leçon d'anglais, par groupe d'âge. Plus tard dans la soirée, tout le monde s'assied autour de Pepee, la mère de Tassanee, la grand-mère de tous les gamins. C'est une veillée solennelle, il y règne un silence religieux. Elle leur parle dans leur langue, de leur culture, leurs origines, de la vie. Ils chantent aussi des chansons, notamment une en anglais que les deux volontaires français leur ont appris lors de leur passage. C'est très émouvant. Avant de dormir, les enfants font leurs petites ablutions et les filles préparent le thanaka: elles frottent une branche d'arbre sur une surface lisse avec un peu d'eau pour obtenir la patte blanche qu'elles appliquent ensuite sur leur visage. Les enfants déplient les matelas et s'installent jusque dans la cuisine. Nous nous endormons tous dans la fraicheur de la nuit, nous encore tout émus de toutes les manifestations de tendresse que nous avons reçues des enfants alors que nous venions tout juste d'arriver.
Difficile de quitter ce petit monde le lendemain, mais à notre façon nous espérons les aider. Pourquoi ne pas être restés, donner, nous aussi, notre temps? S'impliquer avec des enfants n'est pas une tache aisée, elle nous a semblée difficile et loin de nos compétences. La question se serait posée différemment s'il y avait eu besoin de médecin, cela va de soi.
 

 
Pour plus d'infos sur l'orphelinat, vous pouvez consulter leur site (www.safehavenorphenage.org). Il est encore en construction mais vous pouvez leur laisser un message. Lulu s'offre aussi de répondre a vos question,
 (son blog: www.lulu-in-asia.com , son mail: luciatucci#yahoo.es)
 
Notre étape suivante est la plus difficile depuis nos cauchemars cyclistes des routes de la Mer Noire. Nous enchainons des murs, parfois très longs, et chaque kilomètre est un véritable effort. En fin de matinée, nos muscles sont bien douloureux. Heureusement nous pédalons dans une nature généreuse, la route est de bonne qualité et la circulation quasi inexistante. Une longue descente nous mène à une belle rivière, où nous serions stupides de ne pas nous arrêter pour un repos bien mérité. Nous laissons les vélos devant la boutique du village, partons nous baigner et passons l'après midi à bouquiner. En fin de journée les propriétaires nous proposent une petite cabane pour passer la nuit, et ne nous laissent nous y installer qu'après un petit coup de balai. Nos hôtes s'éclipsent alors discrètement. Nous prenons notre repas dans la gargote en face. C'est déjà l'heure de fermer, mais ils nous proposent un plat de riz. Ils nous installent devant la télé dans leur salon, nous allons diner ensemble.
L'après midi, nous avions été amusés de voir la femme agiter un plat tressé en bambou pour y trier... des centaines de fourmis au milieu d'asticots! Elle collectait consciencieusement ces derniers. Apres les insectes grillés sur les marches de Bangkok, on s'attend a tout.
L'accompagnement du riz arrive. Des petits points blancs luisent à la lueur blafarde du néon sous lequel s'agitent des moustiques. Nous reconnaissons immédiatement les asticots, vaguement mêlés à de la sauce tomate... Je réprime un renvoi, tandis qu'Olivier est bien téméraire (il s'est même resservi), et même pas malade!
 
Petite étape agréable le lendemain, nous rejoignons Mae Sariang où nous prenons une petite guest house, puis deux journées nous séparent de Chiang Mai. Belle étape de montagne avec un vrai col; bivouac sur la terrasse en bois d'un bungalow récemment abandonné à l'entrée d'un parc naturel, en bord de rivière. Puis étape de plat sans intérêt sur une route plus fréquentée où nous rejoignons la "modernité", ses stations essences et supermarchés.
 
Quatrième ville du pays, Chiang Mai ne serait pas désagréable si la concentration touristique était moindre. Dans le centre, on ne croise que des blancs, c'est incroyable. On y visite quand même un intéressant musée des minorités ethnies qui peuplent les montagnes du nord de la Thailande. Ce sont en majorité des peuples semi-nomades venus du Tibet, de Birmanie, de Chine et du Laos au cours des XIX et XXeme siecles. Ils ont franchi les frontières, fuyant l'oppression subie sous d'autres cultures, et n'appartiennent à aucune nation. Il existe trois groupes linguistiques: tibetobirman (Lisu, Lahu, Akha), karenique (Karen, Kayah) et austro thai (Hmong, Yao). Beaucoup d'entre eux ne sont pas citoyens thaïlandais, ce qui les empêche d'être propriétaires d'un lopin de terre, ou même de recevoir un salaire. Des efforts ont été faits depuis les trente dernières années pour les intégrer à la société, notamment en leur donnant accès à l'éducation, ou facilitant l'obtention de papiers. Pour les réfugiés les plus récemment arrivés l'obtention de papiers est beaucoup plus difficile.
Nous nous sommes intéressés plus particulièrement aux Hmongs, que nous avons côtoyés en Guyane, ainsi qu'aux Akhas, dont les costumes traditionnels sont magnifiques; les femmes portent une petite jupe noire et des jambières brodées de fils colorés, une petite veste noire brodée dans le bas du dos, et une coiffe sophistiquée, "casque" orne de pièces, de boules de métal et de perles multicolores.
 

 
Nous rejoignons Chiang Rai, située plus au nord en deux jours. Première étape assez agréable dans les montagnes avant de rejoindre la plaine grillée par le soleil (on imaginait la Thaïlande plus verte)...
 
Nous laissons les vélos à Chiang Rai: nous sommes en manque de montagne, aimerions voir quelques villages où vivent les Akhas, mais la route a la réputation de grimper et descendre dans des pourcentages difficilement faisables pour des cyclistes chargés de bagages. Nous ne regrettons pas une seconde, c'est encore pire que ce que l'on pensait...
Nous arrivons à Mae Salong, village créé en 1949 pour des refugiés chinois de Guomindang fuyant le régime de communiste. Selon le descriptif de notre Lonely Planet, c'est une bourgade traditionnelle du Yunnan. Nous sommes un peu déçus d'y trouver une petite ville avec de nombreuses maisons en dur qui remplacent celles en bambou. Quelques plantations de the ne suffisent pas à combler les flancs nus des collines, l'homme continuant à brûler les quelques restes de forêt. Passée cette première impression, nous nous imprégnons de l'atmosphère de la ville, profitant de ces moments pour visiter à pied les villages akhas et lahus environnants. Les femmes akhas sont très attachées à porter leur tenue traditionnelle, ce qui nous laisse une forte impression. Mais ici, sans nos vélos, nous sommes un peu des touristes lambas, et ce n'est pas toujours facile de nouer des contacts. En sortant un carnet a dessin, un homme, puis une femme  ont demande à être dessines. Ils nous ont invités dans leur petite maison, je leur ai offert leur portrait, et avons reçu en retour deux petits bracelets.  
 
Retour sur Chiang Rai le 4 mars. Nous récupérons les vélos en fin de matinée et prenons la route de Chiang Khong, poste frontière pour le Laos. Le soir, nous demandons l'hospitalité dans un monastère et nous endormons au son des litanies récitées en sanskrit. Les derniers cinquante derniers kilomètres sont escarpés, la route surplombant le Mekhong, fleuve qui accompagnera désormais notre périple jusqu'au Vietnam.
 
Nos deux vélos sur une pirogue, et voila le Mekhong franchi... nous sommes au Laos!