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Le Turkménistan
(cliquez sur la carte pour une vision plus précise du parcours)
Nous avons passé la frontière Turkmène, perchée en haut d’une colline, le 10 juillet. Les formalités Iraniennes de sortie effectuées, nous avons parcouru un no-man’s land de 10 km avant d’atteindre le poste frontière Turkmène. C’est le principal poste frontière entre les deux pays mais il n’y a pas grand monde hormis quelques routiers Turcs et Iraniens. En revanche la douane semble stricte et les personnes qui nous précèdent voient leurs bagages soigneusement fouillés. Arrive notre tour. Nous commençons par amener nos affaires une par une dans la petite pièce. On nous fait tout de suite comprendre qu’il faut tout amener, vélos compris…quand les douaniers découvrent les bêtes ils déchantent un peu, beaucoup même puisque finalement ils nous laissent passer sans fouille! Il en sera de même en Ouzbékistan, pourvu que ca dure !
Nous descendons ensuite la montagne, amas de roches inhabitées écrasées par le soleil. Nous découvrons au détour d’un virage Achkabat, la capitale Turkmène, située dans la plaine. La ville nous parait bien petite, nous distinguons quelques buildings qui se détachent du paysage et au loin le désert qui l’environne. L’entrée de la ville est symbolisée par un arc de triomphe un peu kitsh à l’emblème du Turkmenbachi.
Le Turkménistan est un état indépendant depuis 1991, au moment de l’éclatement de l’URSS. Le pays, au trois-quarts désertique et à l’origine peuplé de nomades, sans infrastructure industrielle, n’était pas vraiment enthousiaste à l’idée de se séparer de la Mère Patrie mais l’indépendance a finalement été ratifiée par référendum. Ce n’est autre que l’ancien secrétaire du parti communiste Turkmène, Saparmyrat Niayazov, personnage assez insignifiant et pas du tout préparé à la charge, qui fut élu président de la république.
Il créa ensuite un véritable culte de la personnalité comme on ne peut le voir qu’en Corée du Nord, se faisant nommé le Turkmenbashi (“leader des Turkmènes”). Il a été élu président à vie par le congres, l’opposition est interdite, il est interdit d’importer des journaux étrangers, les Turkmènes ont besoin d’un visa spécial pour sortir du pays…victime d’un attentat en 2002, la répression envers toute velléité d’opposition s’est encore accrue.
On peut voir sa photo absolument partout à Ashkabat et sa marotte, c’est l’urbanisme. Des fortunes sont dépensées pour la construction de gigantesques immeubles blancs qui ne servent a rien, situés au milieu de routes et de places toutes aussi démesurées que le personnage. Et qui est-ce qui construit tout ca?...Bouygues !!!! Le contrat du siècle ! Des millions et des millions d’euros engrangés depuis 1991. Encore un exemple parmi d’autres, avec Total en Birmanie, de nos gloires nationales.
Arrivés à l’entrée de la ville nous nous arrêtons boire un coup et la, stupeur! Après les fantômes iraniens nous tombons sur des jeunes filles aux robes élégantes et pleines de couleurs, cheveux au vent…on avait oublié comment c’était ! Et elles ont toutes des traits asiatiques… Gast! Nous serions passés en Asie du Sud Est en l’espace de 30 km! Après toutes ces découvertes, nous redécouvrons le gout d’une bière fraiche….pas mal le Turkménistan!
Nous avons passé une journée à Ashkabat, séjournant dans un petit hôtel non officiel à 5$ la nuit.
Le lendemain nous avons pris le bus pour Turkmenabat, 2ème ville du pays à 45 km de la frontiere Ouzbek, car nous n’avions qu’un visa de transit de 5 jours. Dans le bus notre voisine nous invite à passer la nuit chez elle. Elle est avec ses deux petits fils qui viennent passer quelques vacances chez elle. Soirée sympathique autour de la télé ou nous regardons “Les Ripoux” doublé en Russe ! Sur les trois chaînes nationales on ne parle que du Turkmenbashi ou bien on lit religieusement à haute voix son livre, le Rhunama (“livre spiritual”). Le livre a été nommé livre sacré, juste après le Coran, par le congres en 2001 et il sert de base à l’enseignement, y compris à l’université. On ne trouve d’ailleurs que ce livre dans les quelques librairies existantes. Le reste est interdit.
Quand on interroge notre hôte sur la politique elle nous dit qu’elle en est très contente. En effet l’eau, le gaz et l’électricité sont gratuits, ainsi que le sel (hautement symbolique) ! D’accord il y a plein de chômage et le Rhunama tout le monde s’en fout un peu, mais à côté en Ouzbekistan ils doivent tout payer !
Nous avons passé la frontière le lendemain, après avoir franchi l’Amou-Daria, fleuve mythique, mais non sans avoir eu du mal à trouver la petite route qui mène en Ouzbekistan !
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