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La Turquie
(cliquez sur la carte pour une vision plus précise du parcours) 1ère partieNous avons quitté Plovdiv avec le fameux colis arrivé in extrêmis le trois mai. Deux jours de vélo à travers la plaine pour rejoindre la Turquie. Ça fait du bien de reprendre la route!
Le premier soir nous nous arrêtons à Klokotnica et demandons à planter la tente sur un terrain au centre du village. Rapidement, les gamins se pressent autour de nous, intrigués par notre petite maison et nos vélos. Nous sommes l'animation du jour ! Le shériff (c'est comme ça qu'il se présente) débarque dans sa vieille lada blanche dont les portières avant sont décorées d'une grande étoile noire. Dérapage contrôlé, bomber noir et santiag. Ýl vient vérifier que tout va bien!
Le lendemaýn nous rencontrons Matt, un anglais parti en vélo de Londres pour le Japon, avec 80 Euros en poche. Il a travaille en route, notamment comme serveur à Vienne et a désormais de quoi aller jusqu'en Chine! Nous nous sommes recroisés à Istanbul et nous reverrons peut-être encore...
Le soir du deuxième jour nous franchissons la frontière grecque. Nous faisons un petit détour pour éviter une autoroute. A la frontière grecquo-turque, nous sommes surpris : barbelés, militaires armes chargées, interdiction de photographier. En revanche pas de fouille et un grand ''bienvenue'' cote turc.
Au premier village nous sommes accueillis par le chant du muezzin. Autour de nous les gens nous font de grands signes de la main ou nous interpellent. Et a la pause du midi, 5 personnes viennent à tour de rôle nous parler et nous poser des questions. D'où est ce que l'on vient avec des vélos pareils?? Jamais on n'a eu autant d'attentions de la part des gens jusqu'alors. Et nous ne sommes pas au bout de nos surprises...
Neuf kilomètres après la frontière se trouve Edirne. Nous y arrivons par la grande avenue commerçante...le choc! On peut vous montrer à deux mètres près ou nous sommes arrives en Orient!! Rue bondée, petits vendeurs sur les trottoirs, cireurs de chaussures, charrettes qui zigzaguent entre les voitures et les camionnettes, femmes voilées et chant du muezzin.
Fondée par l'empereur Hadrien, Edirne fut pendant 100 ans la capitale de l'empire ottoman, avant Costantinople. Elle possède plusieurs mosquées magnifiques dont la mosquée Selimiye, chef d'oeuvre de Mimar San, architecte de la fameuse mosquée bleu d'Ýstanbul. Il y a très peu de touristes cependant.
Le soir nous sommes tombés par hasard sur une fête avec danses et musiques traditionnelles. Le pied! Le lendemain matin, alors qu'on allait partir, nous tombons sur un défilé de musiciens. La fête continue....C'est décidé, on reste ! Toute la journée, des groupes de différentes origines, Macedoýne, Bulgarie, Turquie, tziganes, ont joué et dansé. Nous avons été invités à manger, boire et écouter les gitans par une équipe de chauffeurs de cars très sympathiques que nous sommes allés voir le lendemain quand nous avons repris la route pour Istanbul. 225 km de route vallonnée.
L'arrivée à Istanbul est assez cauchemardesque avec un trafic fou...et débrouille toi si tu es en vélo!
Nous étions déjà venus il y a trois ans et nous sommes à nouveau sous le charme de cette ville immense et bouillonnante de vie quý s'étale sur les rives du Bosphore. Istanbul est vraiment la capitale ( au sens économique du terme) la plus agréable que nous connaissons.
Nous partons le 13 mai vers Asmara sur la Mer Noire. Nous avons fait notre demande de visa pour l'Iran. Verdict de Teheran dans 12 jours.''
2ème partieDéjà trois semaines passées en Turquie. Nous avons énormément de plaisir à pédaler ici. Les paysages sont magnifiques, les turcs sont charmants. On pourrait presque, pour chaque arrêt, vous raconter une anecdote, vous décrire un homme moustachu au grand sourire et au costume sombre une peu défraîchi qui vient nous parler et nous offrir le thé dans un joli verre en tulipe. La Turquie, c'est avant tout une hospitalité qui ne cesse de nous surprendre et donne un sens a notre voyage, car il n'y a rien de plus frustrant que de ne pouvoir communiquer avec les gens des pays que l'on traverse. Nous avons quitté Ýstanbul le 13 mai, en bus, pour éviter le cauchemar d'une circulation dense et l'air irrespirable saturé de gaz de pots d'échappements. Nous avons décidé de longer la Mer Noire, au Nord, à partir de Bartin. Amère déception: nous avons oublié le chargeur de batteries d'appareil photos à l'hôtel à Ýstanbul... ce qui explique la pauvreté de notre diaporama!
Le guide Lonely Planet nous promet ''des paysages spectaculaires loin du tumulte des sites touristiques sur-fréquentés'' et signale ''des routes étroites et sinueuses parfois encombrées d' éboulis''. On n' a pas longtemps hésité, d'autant que c'est la dernière occasion de longer la mer avant l' Ýnde. Rien ne nous préparait à la route que nous allions emprunter. Les virages et les éboulis sont totalement anecdotiques. Ce que nous retenons, ce sont les cotes interminables avec régulièrement des passages à 12%, voire à 15%, et qui se succèdent avec une régularité désespérante!! La chaîne du vélo d'Olivier n'y survivra pas, rendant l'âme en plein effort, de même que notre moral. La belle compensation, c'est que c'est effectivement grandiose, magnifique. Ýmaginez des montagnes recouvertes de châtaigniers à perte de vue, traversées de cours d'eau, qui tombent dans la mer. La route serpente entre les massifs, plongeant parfois vers des plages désertes ou se prélassent des vaches.
Le premier jour, notre compteur n'affiche que 30 km... Dans le petit port ou nous nous arrêtons planter la tente, on nous annonce que la route continue ainsi sur 100 km, avec une portion faisable à vélo de 20 km seulement.... Hors de question de rebrousser chemin. La solution : le jour suivant nous mettons les vélos dans un pick-up pour les 30 premiers km, puis on fera plus tard en minibus la portion Cide-Tuskeli. Nous ne regrettons pas d'être venus, car même en transport en commun la route est de toute beauté. A chaque cote, on se dit '' qu'est ce que je suis mieux dans ce bus que sur mon vélo...'' c'est vraiment la première fois que nous avons de telles pensées... Le charme des petits ports n'est pas à la hauteur. En général (heureusement il y a des exceptions!) il y a peu de bateaux, une digue immense et la plupart des constructions sont des immeubles. Dommage...
Nous reprenons les vélos à Tuskeli. La côte reste escarpée mais praticable à vélo avec des bagages. Nous grimperons encore, surplombant la mer à 300 mètres d'altitude et bivouaquerons au dessus des nuages.
Après, le charme s'efface. La route est plate, droite, monotone et à quatre voies. Ça fait du bien aux jambes mais c'est nettement moins joli. On fait les difficiles, mais on ne peut pas tout avoir.
Dans un village à côté de Bafra nous faisons la connaissance de Saban, imam, et de sa petite famille. Nous avons été invités à partager le repas et à dormir. Saban parle un peu anglais, et sa phrase préférée est '' What a beautiful day''... ça nous fait sourire. Ýl pratique un islam modéré: sa femme porte un simple foulard, pas de chador, et passera la soirée avec nous à discuter. Ýls ont quatre garçons magnifiques.
La route reste peu intéressante jusqu'à Tirebolu mais nous nous offrirons de beaux bivouacs en bord de mer, un bain avec des dauphins au large...très agréable!
Nous quittons ensuite la Mer Noire pour prendre la direction d'Erzurum. Cinq jours de montagnes inoubliables. Nous avons remonté un torrent jusqu'à sa source a 1875m d'altitude entre Gümüshane et Bayburt. Après, le paysage change totalement: nous descendons sur un plateau et apercevons pour la première fois des femmes totalement cachées derrière un grand tissu épais et marron qui tombe de la tête aux chevilles et leur donne une silhouette fantomatique. D'autres sont plus découvertes. Un groupe de trois femmes nous interpelle pour nous saluer, me faire un bisou et tirer sur mes joues rougies par le soleil et l'effort...
Nous pédalons désormais dans des steppes ou l'on croise des troupeaux de vaches, des bergers. Les villages se font rare. Tout autour de nous, des sommets enneigés. Grandiose. Avant Erzurum, nous franchirons un col a 2400 mètres. C'est plus facile que la première partie parcourue le long de la mer, et en plus nous avons la satisfaction d'arriver au col, de jouir du panorama. On y trouve encore de la neige et il fait frais.
Au coeur de toutes ces montagnes majestueuses, la trace de l'homme est plutôt décevante. On ne peut pas décerner un prix d'architecture aux turcs: chaque ville de plus de 2000 habitants est encombree d'immeubles ou de maisons HLM aux couleurs kitch (bleu ciel, rose bonbon, jaune citron...) C'est dommage. Heureusement les turcs nous font oublier l'uniformité de leurs villes. Depuis que l'on a quitté la cote, nous demandons à planter la tente près de villages. Ça ne pose jamais de problèmes. Au début, quand on s'installe, les gamins viennent nous voir. Plus tard, les hommes viennent nous offrir un repas accompagne de thé. Puis on nous propose d'abandonner la tente pour venir se réfugier dans une maison... C'est sympa. Nous avons ainsi rencontré Serkan qui sert le thé dans le ''çay salonu'' de son père ( littéralement salon de thé), Temei a Orence (village en bas du deuxième col), Yýldýrim et Sacid dans un village a 40 km d'erzurum où nous nous sommes réfugié après un violent orage. La bas, tout le monde possède des vaches et au coucher du soleil les troupeaux envahissent les quelques rues de terre.
Dans les villages, les hommes passent leur temps dans des çay salonu à boire du the, jouer aux dominos ou aux cartes. Les femmes gardent le maisons ou les champs... Nous les rencontrons rarement.
Depuis le 28 mai, nous sommes a Erzurum. Nous nous y arrêtons pour récupérer nos visas iraniens. On croise encore des étudiantes aux cheveux en liberté et aux tenues occidentales, mais la plupart des femmes portent le foulard et un grand manteau qui masque leurs formes. Beaucoup portent un chador noir, cachant aussi les bras (certaines portent des gants en plus), ne laissant qu'une bande d'un cm de large pour le regard. Et puis celles qui portent leur espèce de couverture qui ne laisse même pas voir les yeux... On sent que l'on s'approche de l'Ýran. Dans toute la ville (qui fait 400000 habitants) , on ne trouve que de rares endroits ou l'on vende de l'alcool, les hommes fréquentent assidûment la mosquée.
Grande nouvelle: en plus des visas iraniens, nous venons de récupérer le chargeur de batteries de l'appareil photo!!!
Demain, nous continuons la route vers le sud est, Van et le Kurdistan.
3ème partie
Nous avons quitté Erzurum le 31 mai, toujours vers l’est, mais après 30 km sur la route de Dogubayazit, principale route vers l’Iran, nous avons bifurqué vers le sud et le Kurdistan.
La Turquie est une jeune république laïque qui voue un véritable culte à son fondateur, Mustapha Kemal, dit Atatürk. On ne peut pas voyager en Turquie sans voir son portrait ou les nombreuses statues à son effigie. Le déclin de l’Empire Ottoman a commencé au 19ème siècle et les accords qu’il a passé avec l’Allemagne lors de la première guerre mondiale ont entrainé sa fin. Apres la défaite de l’Axe, le Sultan est devenu un pion aux mains des vainqueurs.
En réaction à l’invasion grecque, encouragée par la Grande Bretagne, en 1919, Mustapha Kemal, alors chef militaire, forme un gouvernement pour organiser la résistance. La guerre d’indépendance et la victoire sur les Grecs en 1922 font de Mustapha Kemal un héros national. Le sultanat et l’empire sont rapidement abolis et la république Turque proclamée lors du traité de Lausanne en 1923.
Atatürk s est attaché à changer en profondeur la société turque: interdiction de la polygamie et du port du voile dans les administrations, mariage civil, abandon de l’alphabet arabe pour l’alphabet latin, etc...
Si le traite de Lausanne accordait des droits aux minorités (Chrétiens, juifs, arméniens), il ne mentionnait pas les Kurdes. L’état turc niait même leur existence en parlant de "Turcs des montagnes". Avant d’arriver à Istanbul, nous avons discuté avec un jeune originaire d’Erzurum. Quand nous lui avons demandé s il était Kurde ou Turc, il nous a répondu d‘un air un peu énervé que les Kurdes n’existaient pas. Enfin, quand on reconnait leur existence c’est uniquement pour les qualifier de "problème". Problème dû à leur "arriération" qui va empêcher l’entrée de la Turquie dans l’Europe, problème de la violence du PKK. On nous a même mis en garde, affirmant que les Kurdes égorgeaient les enfants !
Les Kurdes sont parfois considérés comme le peuple sans état le plus nombreux au monde. Le peuple kurde est ainsi installé sur 4 états: la Turquie, l’Irak, l’Iran et la Syrie.
L’Histoire des Kurdes est très ancienne puisqu’ils descendent de l’Empire Mede, fondé au 7ème siècle avant JC. Les premières principautés kurdes émergeront au 10ème siècle. De 1169 à 1250 la dynastie Kurde des Ayyubides, fondée par le prince Saladin, vainqueur de Richard Cœur de Lion et des Croisés, règne sur la majeur partie du Moyen Orient avant d’être dévastée par les invasions Mongoles. Le premier partage territorial du Kurdistan entre l’Empire Perse et l’Empire Ottoman date de 1639.
De 1923 (traité de Lausanne) à 1938 des révoltes ont éclaté. Des Kurdes d’Irak, d’Iran et de Syrie ont rejoint ensuite la résistance. Tous ces soulèvements seront noyés dans le sang par les armées Turques et Iraniennes.
Environ 12 millions de Kurdes vivent actuellement en Turquie dont 6 en Anatolie du sud, le Kurdistan turc. Les autres vivent à Istanbul ou dans d autres grandes villes. Les années 80 et 90 ont été sanglantes en raison de l’activisme du PKK (parti des travailleurs kurdes), organisation armée indépendantiste, et de la répression turque. On évalue à 30 000 le nombre des victimes. Après la capture d Abdhullah Ocalan, chef du PKK, en 1999, un cessez le feu a été annoncé, lequel a été rompu en 2004. Si le PKK réclame l’indépendance, la majorité des kurdes souhaite surtout pouvoir être éduqués et accéder à des medias en langue kurde. Des progrès ont été faits dans ce sens depuis 3 ans.
Le Kurdistan ce sont donc des montagnes, un peuple, une langue...et des barrages militaires. Certains sont impressionnants avec le tank, les sacs de sable, mitrailleuses armées...on passe la plupart sans s’arrêter, avec un petit salut aux soldats. Ca les amuse plutôt de nous voir passer. Ca amuse moins les Kurdes en revanche toute cette présence militaire turque et les contrôles qui vont avec.
Le 1er soir nous nous arrêtons dans un petit village de montagne. Nous sommes l’hôte du jeune instituteur. Il est né ici mais, comme dans toute la Turquie, enseigne en turc.
Le 2ème jour, nous prenons la route de Tutak, route qui se transforme rapidement en piste. Les paysages sont superbes, nous traversons des petits villages traditionnels. Le soir nous plantons la tente à Dagurt, chez l’instituteur, Gokhan. C’est un Tatar d Ankara qui aime son métier mais qui s’ennuie à mourir dans ce petit village de montagne au fin fond du Kurdistan. La plupart des instituteurs sont en fait turcs. Les postes sont donnés par tirage au sort et l’ancienneté n intervient pas. Le niveau scolaire n’est pas phénoménal, lié en partie au fait que l’enseignement ne se fasse pas dans la langue maternelle des enfants. Dans cette région la grande majorité des filles ne dépasse pas le niveau élémentaire. Ensuite elles aident à la maison en attendant le mariage (arrangé...) vers 15 ans.
Avant d’arriver à Van, nous nous arrêtons dans un village au bord de l’immense lac de Van situe à 1700 mètres d’altitude et cerné de montagnes qui dépassent les 4000 mètres. Nous sommes hébergés par une famille musulmane traditionnelle. Les jeunes filles à marier ont un voile blanc qui leur couvre la tête et la face, ne laissant apparaitre que les yeux. Ce sont les "Turkish Ninjahs" comme disait notre ami Gokhane de dagurt !
On est invités à prendre le thé. Chloé rentre avec les filles dans un petit salon sympa avec la télé alors que je suis dans la pièce d’à coté, vide, et d’aspect beaucoup plus protocolaire. Hommes et femmes séparés! La nuit tombe. Le père rentre dans la pièce, déroule son tapis et fait sa prière, puis s’assoit en face de moi, sans un mot. Il reste me fixer avec une tête d’enterrement. Je tente une petite discussion avec mes quelques mots de vocabulaire ( car c’ est Chloé qui a le Phrase book !), mais sans succès. Le temps s’écoule très lentement dans ces cas la ! Alors qu’à coté ca rigole bien... J’étais bien soulagé de voir la fin de cette soirée quelque peu lugubre (pour moi !).
Nous sommes restés deux jours à Van, principale ville du Kurdistan Turc et assez dynamique. Nous avons ensuite continué direction sud-est, vers le poste frontière Iranien d’Essendere, situé tout au sud, proche de l’Irak. Quatre jours de vélo dont un col à 2730 mètres d’altitude avec vent de face. La première partie du trajet nous sommes assez surpris par le nombre de camions qui vont dans la même direction, tous à vide. Ils partent chercher de l’essence en Iran plus ou moins clandestinement. Nous passons notre première soirée en compagnie d’un sympathique groupe de géomètres partageant une minuscule pièce à six. Pour déplier la nappe sur le sol et tous s’assoir autour, il a fallut renverser des lits! Le deuxième jour, dans le village de Baskale, la police nous explique que c est "dangereux" de planter la tente et nous incite a demander l’hospitalité à la "maison des profs"...là encore nous passerons de bons moments notamment grâce à la prof d’anglais. C est agréable d’approfondir les conversations.
Le poste frontière d’Essendere se situe au bout d une jolie vallée. De la route nous avons aperçu une fête traditionnelle Kurde. Les gens dansent en cercle comme en Bretagne. On retrouve également ce type de danse chez les Laz, peuple qui vit au bord de la Mer Noire, dans la région de Giresun et Trabzon. C’est assez stupéfiant de voir les gens gavotter au fin fond de la Turquie!
Arrivés le soir au poste frontière, nous sommes hébergés par Hamid, peintre à ses heures, et qui a beaucoup voyagé en Iran. Nous regardons les programmes Kurdes Irakiens de la télé avant de manger en famille.
Le matin nous approchons de la frontière. Chloé réajuste anxieusement son foulard sous le regard sévère des Ayatollah Khomeni et Khamenei représentés sur d’immenses fresques....
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